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Pour vous mes ami(es), un poème trouvé sur le net, qui pour moi reflète tout-à-fait ce à quoi servent les blogs.
Bien plus que ça
  
Ai-je vraiment le droit de me confier ainsi à toi ? As-tu vraiment besoin que j'ajoute mes soucis aux tiens ?
Tu m'es plus qu'utile, tu m'es necessaire. Tes écrits même les plus futiles me consolent et m'éclairent.
Peu importe le moment, je sais que je serai écoutée. C'est souvent bien assez pour me sentir rassurée.
Qu'il est bon de pouvoir exprimer ses états d'âme en toute intimité. Qu'il est bon de songer que c'est toi de l'autre côté.
Magré la distance, je sens ta présence. Il me suffit d'une pensée pour te retrouver.
Ce que je vois , je voudrais te le faire découvrir. J'aimerais que tu sois avec moi pour mes peines et mes éclats de rire.
Non, je ne saurai plus me passer de ces petits mots échangés, de ce soutien énergique, de cette complicité magique.
Je me sens privilégiée de t'avoir rencontré. J'espère avoir bien su t'exprimer l'importance de notre amitié.
Merci mon amie....
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De mes six premières années De l'autre coté du Rhin, J'ai tout oublié, Il ne me reste rien.
De ma petite enfance, Bercée par ton absence, J'ai quelques souvenirs Qui m'empêchent de sourire.
Le temps a passé, Tu n'étais jamais là. Ton fichu métier M'a séparée de toi.
Et lorsque tu rentrais Au lieu d'une grande joie Tout mon être tremblait Sous ton regard si froid.
Etait-ce toutes ces guerres Qui avait fait de toi Cet homme si sévère Que j'ai craint tant de fois ?
Je n'ai jamais osé M'asseoir sur tes genoux Pourtant j'aurai aimé Te couvrir de bisous.
Oh! tu n'étais pas méchant On riait même, parfois. Et ces rares moments Me comblaient de joie.
Tu es encore partit, Pour toujours cette fois Et j'ose enfin te dire: Je t'aime mon papa.
Zoë
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L'insomniaque et le chat
Donne-moi la quiétude, ô mon doux Chat ! Rends à mon âme, de tes ronrons, le calme et le sommeil Pour qu'au matin rieur, le soleil triomphant, innocent et béat, Ensemence de traits chauds l'élan de mon réveil ! Dans ton pelage lisse, mes mains si fatiguées Cherchent parmi les ombres la torpeur mortelle Qui donne aux yeux des hommes le repos espéré, Et au cerveau l'oubli, ce rebelle éternel. Appuie contre mon bras ta tête délicate, Où de curieux secrets se cachent en silence, Et que ton souffle pur et tes vives agates Apaisent sans mot dire les rivages fugaces Où mes rêves farouches se perdent et se débattent : Offre à mon coeur trop lourd la douceur salvatrice...
( Nefred - Toulon, 1998 )

Semonce à Mistigri
Mon Mistigri, mon infidèle, Tu dois venir quand je t’appelle, Au lieu de courir la souris, Tout le jour et encore toute la nuit. Je n’aime pas cette manière, De te sauver dans les jardins, Quand je t’ai préparé du pain, Et de la sauce et du gruyère… Tu en connais, toi, Des maîtresses aussi patientes que je suis, Et qui vous font mille caresses, Après qu’on s’est si mal conduit ?
(Jean DESMEUZES)
A une Chatte
Chatte blanche, chatte sans tache, Je te demande, dans ces vers, Quel secret dort dans tes yeux verts, Quel sarcasme sous ta moustache.
Tu nous lorgnes, pensant tout bas Que nos fronts pâles, que nos lèvres Déteintes en de folles fièvres, Que nos yeux creux ne valent pas
Ton museau que ton nez termine, Rose comme un bouton de sein, Tes oreilles dont le dessin Couronne fièrement ta mine.
Pourquoi cette sérénité? Aurais-tu la clé des problèmes Qui nous font, frissonnant et blèmes, Passer le printemps et l'été?
Devant la mort qui nous menace, Chats et gens, ton flair, plus subtil Que notre savoir, te dit-il Où va la beauté qui s'efface,
Où va la pensée, où s'en vont Les défuntes splendeurs charnelles? ... Chatte, détourne tes prunelles; J'y trouve trop de noir au fond.
Charles Cros
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Quand je me suis penchée au dessus du panier, tu m'as regardée petits yeux étonnés.
Je t'ai tendu la main, tu es venue vers moi, ton petit air malin, mit mon coeur en émoi.
Je t'ai prise dans mes bras, et là, tu t'es nichée, ma jolie boule de poils que j'ai appelée Zoë.
Tantôt efrontée, malicieuse et mutine, tantôt cajolée délicieusement caline,
Tu es ma soeur, mon amour, mon amie, et quand parfois je pleure tu me console aussi.
J'aime ta paresse le soir contre mon corps ou sous mes caresses tu ronronnes, tu t'endors.
Ma jolie chatte à moi, je t'aimerai toujours même dans l'au-delà Tu restera amour.
Zoë
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Joli poème offert par mon amie Annie..
Pour toi je veux être,
L'amie qui te comprend, L'amour qui te chavire, Les projets que t'entreprends, Les histoires qui te font rire, Le souffle qui te fait vivre, Le bonheur auquel tu aspires, L'imagination qui exagère, Le désir qui te conserve, La bouche qui te consomme, La main qui te berce, Les bras qui t'accueillent, Celle qui tient la promesse De toujours ouvrir l'oeil, Pour savoir comment t'aimer, Pour n'avoir à chercher Mille raisons pour te dire Que jamais, je ne voudrai t'oublier. Einna/Annie.
![iyb0z8s4[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1p0EhHzekpOoxW8SNBkSJRJrWhnj7HVYDGweD2Y0hBIKzGCLlIanVjME_kGIhFvUaR2fLPAIFHwCUjzWm6VIuJXQ)
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 Hé oui !! il est là,
  
Couleurs d'Automne
- Arbres remplis de fruits qu'en cette saison la nature
- Nous donne généreusement !
- Gaieté dans les vignes où les raisins bien mûrs
- Sont cueillis en chantant.
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- Premiers brouillards et champignons cachés des bois
- Nonnettes voilées, bolets bais...
- Sous les noyers les enfants cherchent les dernières noix
- Que le vent fait tomber.
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- Dans un grand champ un percheron retourne la terre
- En fumant des nasaux
- Pendant qu'une volée d'oiseaux se battent à l'arrière
- Pour quelques vermisseaux !
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- De temps à autre, des aboiements cassent le silence
- Mêlés de coups de feu ...
- Cache-toi petite biche des chasseurs sans clémence,
- Si tu veux vivre heureuse,
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- Dans les sous-bois colorés et les arbres chargés
- D'or, de feu et d'argent.
- Tes amis les cerfs se battent comme des enragés,
- Pour toi, jeune et charmante !
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- Pourtant chaque soir le soleil rétrécit sa course
- En voyageur pressé.
- Et chaque nuit : la Petit' Ours se colle à la Grand' Ours
- Sans jamais renoncer !
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- Premiers cheveux blancs qu'on voit dans un miroir
- Dès l'automne de l'âge,
- Derniers vols d'hirondelles qui sentent venir le froid
- Et partent vers les plages...
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- C'est la rentrée, les marrons sont tombés ; les feuilles
- Voltigent au vent du Nord
- L'enfant tout joyeux saute, les poursuit et les cueille
- En sortant de l'école,
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- Et des plus belles couleurs, il s'en remplit les mains,
- Puis les porte à sa mère,
- Qui pour ne pas décevoir, garde précieusement :
- Ce trésor éphémère
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(Jean-Claude Brinette)


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Ma Mounette
Comme je t'ai aimée ma Mounette adorée, petite chatte ordinaire avec tes grands yeux vert
Tu étais mon amie, ma confidente aussi, et de tous mes jouets ma poupée préférée.
Si je te couchais dans mon petit landeau jamais tu ne bougeais allongée sur le dos
Et lorsque je rentrai mon cartable à la main Toujours tu m'attendais tout au bout du chemin.
Puis le soir dans mon lit cachées sous l'édredon, je m'endormais ravie bercée par tes ronrons.
Et ce fut le drame, On a déménagé malgré toutes mes larmes aux voisins ils t'ont laissée.
Qu'es-tu devenue belle extraordinaire? Je n'ai jamais revu l'éclat de tes yeux vert. Zoë

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C'est l'hiver dans mon coeur. Il fait froid et je pleure.
Nous avons traversé le temps sans un nuage, Quelques fois une ondée, Pour mouiller mon visage.
Un matin de janvier toute mon âme se glace, son aveu est tombé une autre a pris ma place.
A l'automne de ma vie, après toutes ces années, mon amour m'a trahie tout mon être est brisé.
Moi qui croyait pourtant son amour infaillible je sombre dans le néant je tombe dans le vide.
Il est resté quand même me jurant son amour, demandant le pardon a grands coups de "je t'aime".
Mais cet égarement a crée mille tourments. La confiance absolue est à jamais perdue.
Zoë
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De sa fourrure blonde et brune Sort un parfum si doux, qu'un soir J'en fus embaumé, pour l'avoir caressée une fois, rien qu'une.
C'est l'esprit familier du lieu ; Il juge, il préside, il inspire Toutes choses dans son empire ; Peut-être est-il fée, est-il dieu.
Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime Tirés comme par un aimant Se retournant docilement Et que je regarde en moi-même,
Je le vois avec étonnement Le feu de ses prunelle pâles Clairs fanaux, vivantes opales, Qui me contemplent fixement
Charles BAUDELAIRE
Merci mon amie.
Voici un magnifique poème envoyé par Annie : À vous mes amis
A vous mes amis, Vous que j'aime plus que ma vie, Vous qui m'avez toujours soutenue Dans les moments les plus crus.
A vous mes amis, Vous que j'adore plus que ma vie, Sur qui j'ai toujours pu compter, A mon tour de vous remercier.
A vous mes amis, Que je n'oublierai jamais de ma vie, Vous comptez beaucoup pour moi, Jamais ça ne changera.
A vous mes amis, Les seuls, les vrais, Ceux sur qui on peut compter Durant toute sa vie.
![y1ppz9XdTJfeLOooeP9Ur1W3zuneP3e8gZmgUYzUXJ7VDzFB3hWwR36SGGPYKRKOsO3mfAdTcH-QBM[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj83Uga2KTQW_pUnOfTGConNfxgRuq_3SP1AXaXqryJLLIP0S4hFMnKVA7VK0tH1Dec)
L'éternelle chanson
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille, Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête, Nous nous croirons encore de jeunes amoureux, Et je te sourirai tout en branlant la tête, Et nous ferons un couple adorable de vieux. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
![tyfpb3d2[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj9H2t064MrarBd_xbTc0-43YS3BZ95ARFMiErO3zwm5iKmB8r9JN-D8E9ecHxPNk_8) Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse, Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer, Nous aurons une joie attendrie et très douce, La phrase finissant toujours par un baiser. Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ? Alors avec grand soin nous le recompterons. Nous nous ressouviendrons de mille choses, même De petits riens exquis dont nous radoterons. Un rayon descendra, d'une caresse douce, Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser, Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse, Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.
![tyfpb3d2[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj_ojIZ5dLJi4yVKeovBa0qR6WC3LCQkm4urPd3byk_e4nS29kAAi0ALKuLshAIIA28) Et comme chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain, Qu'importeront alors les rides du visage ? Mon amour se fera plus grave - et serein. Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent, Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens. Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens. C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge, Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
![tyfpb3d2[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj96HxbDw8z8vId5zOZeCq4PVZVypr2dee0HSts-dfa5ojeOAGhB_k8nlIXXXFIZRAk) Et de ce cher amour qui passe comme un rêve, Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur, Retenir s'il se peut l'impression trop brève Pour la ressavourer plus tard avec lenteur. J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare, Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ; Je serai riche alors d'une richesse rare J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours ! Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève, Ma mémoire parfois me rendra la douceur ; Et de ce cher amour qui passe comme un rêve J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.
![tyfpb3d2[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj9OxH6aJMOFMxQcCBwuCX9ZiTZTWHFEWiC4cGJAh7mYqKIxdjXVcVsAHSSCXfoWeek) Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille, Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête, Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan, Et je te sourirai tout en branlant la tête Et tu me parleras d'amour en chevrotant. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
ROSEMONDE GERARD.
S'aimer, c'est sourire ; cesser, c'est mourir...![angel134[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1p3LSudqqSrhAk2PyNRX17j-4mgYBCskaEkZV2_kr5_AxvC98JCsP6BRjeTpqfXmAIwvAYa4ojpOBVvGRGCM0zqHIL5wkBMenE)
On les a fait Venir!
Je suis le chat de cimetière, De terrain vague et de gouttière, De haute-Egypte et du ruisseau Je suis venu de saut en saut.
Je suis le chat qui se prélasse A l'instant où le soleil passe, Dans vos jardins et dans vos cours Sans avoir patte de velours.
Je suis le chat de l'infortune, Le trublion du clair de lune Qui vous réveille dans la nuit Au beau milieu de vos ennuis.
Je suis le chat des maléfices Condamné par le Saint-Office; J'évoque la superstition Qui cause vos malédictions.
Je suis le chat qui déambule Dans vos couloirs de vestibules, Et qui fait ses petits besoins Sous la porte cochère du coin.
Je suis le félin bas de gamme, La bonne action des vieilles dames Qui me prodiguent le ron-ron Sans souci du qu'en dira-t-on.
Epargnez moi par vos prières Le châtiment de la fourrière Où finissent vos émigrés Sans demeure et sans pedigree.
Henri Monnier
Lapalissade
Le chat noir de la palissade Promène son museau partout, C'est un pirate en embassade, Le chat noir qui s'en vient chez nous. Dans le jardin ou sur le toit, En mille et une escapades De tous côtés, il est le roi.
Il est le tigre du Bengale Et le prince des maraudeurs, Sa moquerie est sans égale: Ce chat-là est un chapardeur.
Il faut le voir, cet escogriffe, Ce gracile animal ingrat Qui lacère à grands coups de griffe Les détritus de papier gras.
Il mène sa vie à sa guise, Ne faisant que ce qui lui plaît, Il se complaît dans des bêtises Qui ne valent pas un couplet.
Et cependant si ce vaurien Ne commet que des incartades A la maison, on l'aime bien, Le chat noir de la palissade.
Henri Monnier
Le petit chat
C'est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.
Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.
Quand il s'amuse, Il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.
Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,
la frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.
Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini.
Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.
Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.
Edmond Rostand,
Les chats
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Mon chat, hôte sacré de ma vieille maison,
De ton dos élastique arrondis la souplesse.
Viens te pelotonner sur mes genoux et laisse
Que je passe mes mains dans ta toison.
Ferme à demi, les reins émus d'un long frisson,
Ton œil vert qui me raille et pourtant me caresse,
Ton œil vert, mêlé d'or qui, chargé de paresse,
M'observe, d'ironique et bénigne façon.
Tu n'as jamais connu, philosophe, ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien.
Tu m'aimes cependant, et mon cœur le sent bien.
Ton amour clairvoyant et peut-être éphémère
Me plaît, et je salue en toi, calme penseur,
Des exquises vertus: scepticisme et douceur.
![cat016[1]](http://blufiles.storage.live.com/y1ptwAHYXH7Uj-tgYmmSzBSkAFIvB0Rv3hSQfXtGMcJ1z5JGpYMoR-1odXRTVoHX_IiPzQOXRzFU1c)
Le petit chat
C'est un petit chat noir, effronté comme un page. Je le laisse jouer sur ma table, souvent. Quelquefois il s'assied sans faire de tapage; On dirait un joli presse-papier vivant.
Rien de lui, pas un poil de sa toison ne bouge. Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc, A ces matous, tirant leur langue de drap rouge, Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.
Quand il s'amuse, il est extrêmement comique, Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet. Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique Quand on met devant lui la soucoupe de lait.
Tout d'abord de son nez délicat il le flaire, Le frôle; puis, à coups de langue très petits, Il le lampe; et dès lors il est à son affaire; Et l'on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.
Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause, Et ne relève enfin son joli museau plat Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
Alors, il se pourlèche un moment les moustaches, Avec l'air étonné d'avoir déjà fini; Et, comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches, Il relustre avec soin son pelage terni.
Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates; Il les ferme à-demi, parfois, en reniflant, Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes, Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.
Mais le voilà qui sort de cette nonchalance, Et, faisant le gros dos, il a l'air d'un manchon; Alors pour l'intriguer un peu, je lui balance, Au bout d'une ficelle invisible un bouchon.
Il fuit en galopant et la mine effrayée, Puis revient au bouchon, le regarde, et d'abord Tient suspendue en l'air sa patte repliée, Puis l'abat, et saisit le bouchon et le mord.
Je tire la ficelle, alors, sans qu'il le voie; Et le bouchon s'éloigne, et le chat noir le suit, Faisant des ronds avec sa patte qu'il envoie, Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.
Mais dès que je lui dis: "Il faut que je travaille; Venez vous asseoir là, sans faire le méchant!" Il s'assied ... Et j'entends, pendant que j'écrivaille, Le petit bruit mouillé qu'il fait en se léchant.
Edmond Rostand
Le chat ouvrit les yeux, Le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, Le soleil y resta Voilà pourquoi le soir, Quand le chat se réveille, J'aperçois dans le noir Deux morceaux de soleil.
Les Celtes irlandais voyaient dans l'oeil du chat "la porte de l'autre monde".  Billy  Zoë
Etrange imperfection de l'homme qui préfère les femmes, alors qu'il y a des chattes !! Chattes aux yeux verts, feuilles de charme de vos yeux minéraux, bleu fulgurant d'un myosotis, soleil d'or qui s'écarquille en étincelant. Lise Deharme.
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